CONTROVERSES NUCLEAIRES !
Bases de données TCHERNOBYL
Articles divers
De Suisse
http://www.swissinfo.org/
http://194.6.181.127/fre/swissinfo.html?siteSect=105&sid=6377899
http://www.swissinfo.org/fre/swissinfo.html?siteSect=105&sid=6377899&cKey=1144401893000
Source ADIT, avril 2006

Un ordinateur pour oublier Tchernobyl
Les jeunes de Sukachi, aux prises avec les «nouvelles technologies».
     A travers une modeste contribution, la Suisse aide depuis quelques années les personnes déplacées de la région de Tchernobyl à se refaire une nouvelle vie.

     Le nuage radioactif a contraint la population à une évacuation douloureuse et à une difficile réinsertion sociale. Aux problèmes psychologiques ou physiques s'ajoute la crise économique.
     «Nous voici sur la place centrale: en face se trouve le siège du parti communiste, à droite l'hôtel, et à gauche le restaurant», indique Youri Tatarchuk.
     Tout en écoutant les explications de l'interprète de «Tchernobyl interinform», l'agence d'information de la région, j'essaie d'imaginer comment était cette ville dans le passé. Une ville morte voici près de 20 ans.

La forêt rouge
     Nous sommes à Pripyat, à quelques kilomètres de la tristement célèbre centrale atomique de Tchernobyl. Jusqu'au 27 avril 1986, soit au lendemain de l'explosion du réacteur numéro 4, la cité comptait 47.000 habitants.
     Puis les sapins de la forêt voisine se sont colorés d'un rouge anormal. Le vent a soufflé le nuage radioactif vers la ville, et la population a dû plier bagage. Malgré le fait que les autorités leur avaient promis un retour rapide, ceux qui ont dû partir ne sont jamais revenus.
     La zone occupée à l'époque par ceux qui travaillaient à la centrale et leurs familles est aujourd'hui envahie par les arbres et les broussailles, qui accentuent la sensation de vide et de désolation.

A l'ère post-atomique
     Pripyat n'est que l'une des dizaines de localités qui ont dû être évacuées de la zone d'exclusion – environ 2800 km2 – autour de la centrale.
     Quelques-uns des 130.000 habitants chassés de chez eux se sont établis à Sukachi, une petite ville située à un peu plus d'une trentaine de kilomètres au sud de Tchernobyl. «Ici, on a construit 180 nouvelles maisons» explique Eugène Yesirkenov, membre du Bureau suisse de coopération en Ukraine.
     Mais le logement n'est pas le principal problème de Sukachi et des autres villages de la région. A l'ère post-atomique, une expression qui prend tout son sens à Tchernobyl, la population peine à supporter les conséquences de l'accident.
     Touchée psychologiquement et physiquement, la communauté locale s'est figée, compromettant ainsi toute perspective d'avenir. Et la situation économique désastreuse est loin de faciliter les choses.
     «Je n'aime pas vivre ici, la terre est dure et stérile», martèle Hanna Matkivskaya, une habitante.

Centres pour la jeunesse
     Le programme de l'ONU pour le développement tente cependant d'apporter une bouffée d'optimisme à la région. Depuis 2003, la DDC, l'agence suisse pour le développement et la coopération, y participe.
     «Notre but est de dynamiser la communauté en promouvant des activités culturelles. Dans les nouveaux centres pour la jeunesse par exemple, nous avons installé des ordinateurs avec accès à Internet, des téléviseurs et des radios», explique Ludmilla Nestrylay, responsable des projets suisses en Ukraine.

     Les jeunes sont particulièrement intéressés à ce qui, dans cette région, peut être qualifié de «nouvelle technologie». On peut le constater dans le centre de jeunesse de Sukachi.
     Dans la petite salle où sont installés les computers, les deux seuls écrans sont pratiquement cachés par les nombreuses têtes des adolescents, plus intéressés par les jeux vidéos que par la présence des journalistes!
     «Nous n'offrons pas seulement des loisirs aux jeunes, mais aussi la possibilité d'être suivis psychologiquement», souligne Petro Ivanovitch Konovalenko, le maire de la localité.

Oublier le passé
     Depuis l'an 2000, la DDC soutient aussi le travail effectué en Ukraine par «Green Cross Suisse», une organisation qui tente d'améliorer la qualité de vie des personnes victimes de contamination chimique ou radioactive.
     Dans les dizaines de centres sanitaires («First Aid Points») répartis dans la région de Tchernobyl, des programmes spéciaux aident la population à réagir et à oublier sa condition passive de victime.
     Ce qui n'est pas chose aisée, d'autant plus que la catastrophe nucléaire a aussi balayé la principale activité de la région: l'agriculture.

Des petits gestes qui comptent
     La Suisse verse 500.000 CHF pour les projets de «Green Cross Suisse» et 450.000 pour les centres de jeunesse. Face au plus grave désastre nucléaire de l'histoire, ce soutien aux victimes peut sembler modeste.
     Mais, selon Ludmilla Nestrylay, «grâce à cette petite contribution, la Suisse a donné un coup de pouce important qui permettra de réaliser des projets similaires dans d'autres régions

swissinfo, Luigi Jorio à Sukachi, Ukraine
(Traduction et adaptation de l'italien: Gemma d'Urso)

CONTEXTE
     La Confédération n'intervient pas seulement sur le plan humanitaire. Elle finance aussi une plate-forme informative sur Internet, consacrée à l'accident nucléaire de Tchernobyl.

tchernobyl.info (http://www.dissident-media.org/) illustre en détail les causes du désastre, ses effets immédiats sur l'environnement et la santé et ses conséquences à long terme.
     Elle indique aussi tous les projets entrepris et les organisations actives dans la région.
     Le site informe aussi sur les commémorations prévues pour le 20ème anniversaire de l'accident (26 avril 2006).

FAITS MARQUANTS
     Le nuage radioactif qui s'est échappé de la centrale atomique de Tchernobyl en avril 1986 a contaminé cinq millions de personnes dans un rayon de 200.000 km2.
     Plus de 130.000 d'entre elles, résidant jusqu'à 30 km de l'installation, ont dû être évacuées.
     Quelques centaines de personnes ont bravé l'interdiction et sont rentrées illégalement dans la zone d'exclusion.

LIENS
      Chernobyl.info (en anglais) (http://www.chernobyl.info/) 
    * La catastrophe de Tchernobyl sur le site de l'ONU
    * DDC (http://www.ddc.admin.ch/)
    * La DDC en Ukraine (http://www.sdc.admin.ch/)
    * L'Ukraine sur Wikipédia (http://fr.wikipedia.org/wiki/Ukraine)
    * Ukraine-europe.org (http://www.ukraine-europe.org/)
URL de cet article